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Yändata’ : La nouvelle vague de l’entrepreneuriat autochtone – Chapitre 2 de 3

Il y a quelques semaines, nous avons découvert Yändata', une jeune entreprise autochtone œuvrant dans le domaine de l’audiovisuel, depuis sa création en passant par sa vision et sa façon de travailler. Dans ce deuxième opus, nous aborderons ses collaborations et projets, dont son créateur, Philippe Sioui Durand, est particulièrement fier.

La première réalisation se trouvant tout en haut de la liste des fiertés du jeune entrepreneur est bien évidemment celle de la création de son entreprise. « Jusqu’à maintenant, il n’y a pas beaucoup de différence entre l’entreprise et moi-même. Je suis toujours un peu l’artisan de ce qui est réalisé et plus j’avance, plus mon désir de créer en équipe se concrétise. C’est le but premier, c’est la mission, on en revient toujours à cela. »

Plusieurs belles collaborations ont déjà vu le jour depuis la création de Yändata’ et c’est avec une grande satisfaction que Philippe Sioui Durand raconte ces expériences. La plus marquante car la première, fut sa collaboration à l’été 2017 avec La Boîte Rouge Vif. Cet organisme autochtone basé au Saguenay a pour mandat la préservation, la transmission et la valorisation des patrimoines culturels communautaires par la production de dispositifs de transmission culturels divers tels que des expositions, des sites web, des publications et des applications interactives. Leurs projets, réalisés dans une approche de concertation et de cocréation, sont basés sur la participation collaborative des membres des différentes communautés qui s’investissent alors dans des réalisations qui les concernent directement.

L’union de La Boîte Rouge Vif et de Yändata’ est alors devenue incontournable et s’est soudée autour d’une vision commune : croire à un développement, qu’il soit culturel ou autre, par et pour les Autochtones. « Ils ont été les premiers à travailler avec moi et m’ont proposé de réaliser trois projets coup sur coup. »

Photo prise lors de l’exposition Génie autochtone | Crédit photo : Marie-Claude Robert

Pour le premier projet, Yändata’ a collaboré au mixage des différentes séquences vidéo de l’exposition Génie Autochtone. L’exposition a d’ailleurs remporté le prix de la meilleure production muséale au gala des prix NUMIX 2018, le 17 mai dernier. Peu de temps après, le même producteur a confié à l’entreprise le mixage d’un film expérimental d’art se déroulant sur la Côte-Nord intitulé Subsistances, de Raphaëlle de Groot. Bien que la commande ne provenait pas d’un membre des Premières Nations, le film fut tourné en terre autochtone, dans une communauté de la Côte-Nord, d’où l’implication de Yändata’. Enfin, pour le troisième projet avec La Boîte Rouge Vif, la jeune entreprise a été chargée du mixage sonore d’une vidéo réalisée par Akienda Lainé, et qui allait accompagner l’exposition Oubliées ou disparues, le regard de huit femmes artistes sur le patrimoine culturel autochtone. Cette exposition itinérante rendait hommage aux femmes autochtones et portait un regard intimiste et social sur leur apport à l’histoire de l’art. « Ce furent trois premières belles collaborations avec La Boîte Rouge Vif, reprend Philippe Sioui Durand. Aujourd’hui encore, nous continuons d’entretenir le lien tissé entre nos deux entités et d’apprécier la confiance qu’ils nous témoignent. »

Photo prise lors de l’exposition Oubliées ou disparues | Crédit photo : Radio-Canada

Des collaborations qui ont porté leurs fruits, puisqu’en mars dernier, Yändata’ a reçu un mandat directement de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNLQ), dans le cadre du Forum des Premières Nations sur les agressions sexuelles, organisé par Femmes autochtones du Québec. Philippe Sioui Durand a alors été amené à travailler avec des comédiens engagés pour l’occasion, et à enregistrer leurs voix afin de les diffuser hors-champs durant la manifestation. Un projet qui a mobilisé plusieurs compétences offertes par la jeune entreprise, telles l’enregistrement, la direction et le mixage de capsules sonores.

« Depuis mes premiers mandats, pour lesquels j’ai le plus souvent travaillé seul avec un producteur ou un réalisateur clients, la situation a évolué. Doucement, les demandes sont plus larges. Par exemple, au mois d’avril, j’ai pu engager pour la première fois des pigistes, un cadreur, un caméraman et un monteur autochtones. » Ce projet consistait à réaliser la captation d’un rassemblement autochtone organisé par le RÉSEAU pour la stratégie urbaine autochtone à Montréal. Le montage et le mixage étaient également inclus dans la demande pour obtenir au final un compte rendu visuel d’environ deux minutes, à la manière d’un documentaire terrain. « Je continue de poursuivre ma mission, qui est de collaborer avec des membres des Premières Nations. C’est le premier mandat depuis le début de cette aventure où j’ai vraiment atteint cet objectif dans son intégralité : par et pour les Autochtones ».

La Grand-messe | Crédit photo : Sébastien Roy

Juste avant, le 4 avril, il y a aussi eu l’événement La Grand-messe Montréal inc.,qui a rassemblé 100 nouvelles entreprises émergentes au Théâtre Paradoxe. En collaboration avec la Fondation Montréal inc., Yändata’ y a réalisé une série de sept épisodes balado présentant les différents entrepreneurs participants. « Cet événement n’avait pas de lien direct avec les Premières Nations, explique Philippe Sioui Durand, mais il était ouvert aux entrepreneurs de tous les domaines, et de toutes les communautés confondues. Nous avons vu cela comme un premier pas vers la réciprocité, comme une réelle opportunité. » Son souhait est de faire circuler ces balados, de les faire découvrir au plus grand nombre, et de toucher les communautés intéressées par le sujet. « C’est un vrai signe d’ouverture. L’organisme Fondation Montréal inc. a encouragé Yändata’ en acceptant la production du balado. C’est une grande avancée pour la collaboration soutenue à laquelle nous aspirons. »

Philippe Sioui Durand poursuit sa route, fidèle à ses valeurs, à sa mission, et à ce qui l’anime le plus au travers des projets qu’il défend. « Les autochtones ne devraient plus être le simple sujet, mais le moteur de leur propre création. Cette citation vient d’un rapport dressant le portrait de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel au Canada. En d’autres mots, les membres de toutes les communautés intéressées par ces industries doivent tenir les rênes des outils qu’ils utilisent. »

 

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