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Le Verger Poméloi : quand l’air salin du St-Laurent nourrit l’unique verger des Îles

L’histoire du Verger Poméloi est avant tout une belle histoire de famille. Tout commence avec le père, Éloi Vigneau, Madelinot d’origine qui, il y a plus de 25 ans, se donne le défi de cultiver des pommes sur un territoire balayé par les vents et les tempêtes.

Dans les années 90, M. Vigneau père plante environ 250 pommiers sur la propriété familiale avec la collaboration d’Agriculture Canada. Cet amoureux des arbres veut tenter ce qui semble impossible : faire fleurir un verger à flanc de colline en bordure d’un fleuve imprévisible. Après plusieurs essais sur différentes variétés d’arbres fruitiers indigènes, le verger se développe et tient bon malgré les intempéries.

C’est avec l’aide de son associé Bruno Belli, un marin breton venu s’installer aux Îles, qu’Éloi Vigneau va élaborer des cidres aux goûts particuliers et mettre en place une technique des plus originales, qui consiste à accrocher des bouteilles aux branches pour y faire pousser les pommes. Ce travail à 4 mains donne naissance à plusieurs produits comme La Poméloi, mélange d’eau-de-vie de pomme et de cidre, L’Enchanteur de pommes, un cidre fortifié  à l’eau-de-vie, ou Le Chouchen, un hydromel au miel des Îles et aux levures naturelles.

Crédit photo : Verger Poméloi

Durant toutes ces années de développement, les deux fils d’Éloi grandissent au rythme des expériences de leur père. Ils quittent le territoire pour leurs études, mais reviennent aider dès qu’ils en ont l’occasion, même après être entrés dans la vie active.

« Au fil du temps, et mon père prenant de l’âge, la question de la relève s’est posée. Il voulait bien continuer de travailler au verger, mais pas sans aide » explique Élie, le fils ainé. « Le verger étant très proche de la maison familiale, il ne se voyait pas vendre à n’importe qui pour que soient exploités par des inconnus les pommiers à deux pas de sa porte ». C’est donc tout naturellement, il y a 4 ans, que les deux frères ont décidé de reprendre la petite entreprise familiale.

Un travail de longue haleine

La première année, la plus difficile, se conjugue entre le verger et un second emploi. « Quand mon père était aux commandes de l’entreprise, il ne se versait aucun salaire, raconte Élie. Les revenus étaient répartis entre son associé et les petites mains recrutées saisonnièrement. Il nous a donc fallu investir beaucoup d’heures la première année pour rendre le verger viable ».

Crédit photo : Verger Poméloi

Dans une stratégie de développement et d’expansion, la fratrie consolide d’abord l’activité : Elie et Louis-Joseph aménagent leur plan d’affaire, se séparent momentanément de Bruno Belli, plantent de nouveaux arbres fruitiers (on compte environ 700 pommiers aujourd’hui), diversifient les produits offerts et en augmentent la production. Le travail en amont porte fruit petit à petit, le cycle de production étant en moyenne d’une année avant d’atteindre la pleine maturité, voire davantage.

« En parallèle, nous avons amélioré certaines techniques pour augmenter notre productivité. Par exemple, alors que notre père produisait 150 à 200 pommes en bouteilles par an, nous avons réussi à en produire 800 au bout de la première année sur un objectif d’un millier. L’année suivante, nous avons pu en récolter suffisamment pour répondre à la demande locale ».

Les frères Vigneau travaillent au verger à plein temps depuis maintenant 3 ans. Comme ils sont les seuls producteurs de pommes en bouteilles au Canada, ils n’ont pu compter que sur eux-mêmes pour découvrir et développer de nouveaux processus. Le moindre élément d’apparence anodin, tel que le treillis métallique qui maintient en position les bouteilles sur les branches, nécessite en réalité une réflexion des plus approfondies : « Quand il faut poser 2000 bouteilles dans les arbres, il vaut mieux être certain d’en casser le moins possible pour augmenter le taux de réussite et maintenir une bonne productivité », explique Élie.

Crédit photo : Verger Poméloi

Les expériences répétées, la comparaison de techniques élaborées sur le tas dépendamment des saisons, les tests de solidité réalisés sur différentes bouteilles, l’optimisation de leur lavage… tous ces éléments leur ont permis de s’améliorer au fil du temps.

Les deux premières années furent donc intensives et innovatrices. Rapidement, le volume de production augmentant, les produits d’appel ont pu répondre à la demande et ainsi permettre aux frères Vigneau de se concentrer sur le développement des marchés. C’est d’ailleurs dans ce processus exploratoire de développement que le Verger Poméloi croisera la route de la Maison des Régions fin 2015 lors de la Journée des Îles.

Crédit photo : Martin Fiset

Afin de diversifier leur offre et atteindre une certaine flexibilité dans la création de leurs recettes, Élie et Louis-Joseph ont obtenu de nouveaux permis dont celui de distillateur – indispensable pour augmenter la teneur en alcool de certaines de leurs boissons – et ont suivi en parallèle des formations sur la fermentation et la distillation. On ne s’improvise pas distillateur artisan au détour d’un pommier!

Le Verger Poméloi s’est également doté d’un alambique et de tous nouveaux bâtiments, dont une boutique, qui seront inaugurés dans un peu moins d’un mois. Ces additions permettent enfin à l’entreprise de proposer à sa clientèle des produits qui jusqu’ici n’étaient fabriqués qu’en toute petite quantité. « Nous allons même avoir des t-shirts et des caleçons à l’effigie du verger! » annonce en riant notre jeune producteur.

Crédit photo : Verger Poméloi

À l’évocation de l’avenir du Verger Poméloi, Élie sait exactement où poser son regard : « Nous allons refaire le site internet à l’automne et nous adapter aux nouvelles activités. Puis, dès 2020, l’accent sera porté sur la commercialisation de nos produits et le développement de nouveautés ».

Dans son point de mire : la production d’eaux-de-vie de grande qualité. Il leur faudra donc se tourner vers de nouveaux marchés, mais Elie est confiant : « Maintenant que nous avons le potentiel de produire davantage et de créer des recettes auxquelles nous réfléchissons depuis longtemps, on va essayer de vendre à l’extérieur des Îles. Nous commencerons à rendre les eaux-de-vie disponibles peu à peu à la SAQ, puis nous développerons des partenariats. » Les frères Vigneau songent même à essayer le raisin pour produire du cognac. Après tout, ce n’est pas le terrain qui manque.

Qui dit nouvelles étapes, dit agrandissement de la famille. Bruno Belli, présent aux tous débuts de l’aventure, a été rappelé au verger. « Son aide est précieuse, et il connaît bien l’entreprise et les produits pour avoir participé à l’élaboration de la majorité d’entre eux. En plus, ces dernières années, il a acquis de nouvelles compétences en travaillant entre autres dans une micro-brasserie » souligne Élie. L’équipe s’étoffe aussi selon les besoins. Les amis et saisonniers viennent grossir les rangs lors d’événements spécifiques, pour la boutique et pendant la haute saison.

Crédit photo : Verger Poméloi

De leur côté, les parents n’ont pas encore rendu leur tablier. Engagés quoiqu’il arrive, Eloi fait pousser des fleurs et entretient le verger, et son épouse s’est impliquée dans la décoration de la nouvelle boutique. Elle met également son grain de sel dans l’élaboration de certaines recettes pour les produits transformés. Les compétences de chacun sont complémentaires, et les différences sont devenues le ciment familial.

Maintenant que le gros du travail est abattu, ce qui se présente au-devant est une promesse positive. « Si nous sommes revenus aux Îles, c’est pour nous rapprocher de nos parents vieillissants. C’est un véritable choix de vie. Nous avons envie de nous concentrer davantage sur le travail d’artisan, d’avoir du plaisir avec notre clientèle et prendre un peu de recul après ces dernières années plutôt intenses ».

À la regarder aller, cette jolie famille de passionnés a encore de beaux aurores à vivre. Gageons que les coteaux bordant le chemin du Petit Bois Nord et surplombant le fleuve Saint-Laurent verront longtemps fleurir les pommiers du Verger Poméloi.

 

 

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Par Sophie Simonnet