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Gilles Pansera, ou le parcours d’un entrepreneur particulièrement doué | Chapitre 3 de 3

Nous sommes au début des années 1990. Deux entreprises étrangères, Tafisa et Abrasivos de España, se sont installées dans la région de Mégantic, et Tafisa courtise Gilles Pansera pour qu’il prenne les rennes de l’usine fraîchement construite.

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Au fil de ses initiatives régionales, M. Pansera continue de rencontrer plusieurs industriels et entreprises plus ou moins en difficultés. Parmi elles figure Industries Manufacturières Mégantic, la plus grosse usine de déroulage de bois de merisier pour panneaux de porte en contreplaqué fondée en 1913 par la famille Cliche. Elle est au bord de la faillite.

Crédit photo : YouTube

Claude Paradis, président de la Corporation de développement économique, lui intime de tout faire pour sauver cette usine de 210 employés, véritable symbole régional pour qui chaque Méganticois ou presque a travaillé un jour ou l’autre. L’enjeu est grand.

Mais Gilles Pansera est présent sur plusieurs fronts en même temps : commissaire industriel à Mégantic, en réflexion pour le poste de directeur général d’un jeune centre d’incubation d’entreprises à Québec qui vient de lui être offert, sans parler de la proposition de l’usine Tafisa. M. Paradis se montre convaincant, et M. Pansera adore Mégantic et sa région. Après quelques hésitations, il décline l’offre de l’entreprise espagnole, refuse le poste de directeur général à Québec et signe une promesse d’achat pour l’usine d’Industries Manufacturières Mégantic avec un groupe d’investisseurs. La nouvelle décennie démarre sur les chapeaux de roues!

Fidèle à son habitude, son nouveau secteur d’activité lui est totalement inconnu, mais qu’importe. « J’ignorais dans quoi je m’embarquais. Six mois plus tard, je démissionnais de mon poste de commissaire et je montais mon plan d’affaires. Ceux qui avaient embarqué avec moi pour Tafisa à l’époque m’ont aidé financièrement. » Le Gouvernement du Québec, pour sa part, participera à hauteur de 50 % du total; la confiance fait la différence.

Crédit photo : Usine C.P.B.G

M. Pansera, encore une fois, défie les sceptiques et leurs sombres pronostics. Il redresse l’entreprise, la stabilise, et fait passer la masse salariale de 210 à 300 employés. De 10 millions à son arrivée en poste, les ventes atteignent 50 millions de dollars au moment de sa revente quelques années plus tard.

« L’usine est devenue un leader nord-américain dans les panneaux de porte en contreplaqué », explique-t-il avec une pointe de fierté. J’ai également changé la mentalité de l’entreprise en proposant une autre vision des affaires ». Toujours cette particularité devenue sa marque de fabrique.

« Quand je me suis porté acquéreur, l’usine fabriquait des panneaux de portes en contreplaqué pour des résidences privées. J’ai donc décidé d’ouvrir le marché commercial, et plus particulièrement les hôtels. Et au lieu d’utiliser uniquement du merisier, nous proposions dorénavant toutes les essences de bois : noyer, chêne, etc. »

Crédit photo : La boutique du bois

Mais il ne s’arrête pas là. Comme 30 % de ses employés sont analphabètes, il met en place un campus de scolarisation sur site. « J’ai toujours cru que c’est par les gens qu’on arrive à réussir, et par l’éducation qu’on fait avancer le monde », explique Gilles Pansera. « Les employés n’avaient aucune idée du chiffre d’affaires, des dépenses et des pertes de leur entreprise. Personne ne leur en avait jamais parlé ». La création de l’école au sein même de l’usine a tout changé. « Les gens étaient si heureux de se sentir soudain plus impliqués dans leur entreprise », se souvient-il. « Certains employés ont poursuivi leur éducation par la suite pour réussir leur cégep. » De musicien à industriel, l’homme d’affaires est maintenant philanthrope.

L’aventure durera 8 ans. En 1998, l’usine est revendue à son plus gros client Masonite, à la seule condition que Gilles Pansera demeure encore 5 ans à la tête de l’organisation. Il fera bien mieux : il sera le directeur de l’usine d’Industries Manufacturières Mégantic pendant les 9 années qui suivent sa revente.

Crédit photo : Masonite

En 2004-2005, Bestar, entreprise publique de meubles prêts-à-assembler dont le déficit d’approvisionnement en panneaux de particules devait être comblé par l’arrivée de Tafisa, éprouve des difficultés financières. À nouveau, avec l’aide de plusieurs partenaires, notre fougueux entrepreneur apporte son aide, investit l’argent nécessaire à l’équilibre minimum et entre au conseil d’administration. Les années passant, l’entreprise se redresse doucement et après sa privatisation en 2015, M. Pansera en devient copropriétaire.

En 2007, il quitte Industries Manufacturières Mégantic, devenue Masonite, et, avec son fils, fonde l’entreprise Panolite avec le soutien financier de partenaires méganticois. L’idée de départ est de fournir Bestar en panneaux légers pour la production de ses meubles : on n’est jamais mieux servi que par soi-même!

S’en tenir à l’idée de départ est toutefois bien trop simple pour cet homme infatigable dont le credo est « Aller toujours plus loin ». M. Pansera investit donc dans la recherche et le développement pour mettre au point des panneaux légers fabriqués à partir de panneaux de fibres de bois recyclés et de carton alvéolé sur une base industrielle à coût abordable, tant sur le plan budgétaire qu’opérationnel. Ces panneaux sont utilisés dans la conception de mobilier résidentiel, de portes et armoires de cuisine et de séparateurs acoustiques pour les bureaux. Au fil du temps et des recherches effectuées, Panolite devient le premier fabricant canadien de panneaux légers sur une base industrielle.

Crédit photo : La Presse

En 2016, grâce à l’acquisition de LIMURO par Bestar avec sa collaboration, Gilles Pansera permet à Panolite de diversifier son marché de panneaux vers des produits plus haut de gammes : les lits escamotables sur mesure de grande qualité.

Aujourd’hui, Gilles Pansera a ralenti un peu l’allure. Son fils Antoine a pris la relève complète de Panolite depuis juillet dernier, mais cela n’empêche pas les projets d’affluer : développement de marchés, création de nouveaux produits (comme les panneaux acoustiques), croissance de Limuro, agrandissement de son usine, sont autant d’aspects qui continuent de solliciter l’entrepreneur chevronné.

Finalement, il serait bien naïf de croire cet insatiable bâtisseur lorsqu’il prétend freiner son rythme. Encore actif chez Limuro, toujours actionnaire chez Bestar, il est constamment à l’affût de la prochaine opportunité à saisir : acheter une usine en difficulté pour l’aider à se redresser et à sauver des emplois. Car, pour lui, l’humain fera toujours la différence.

Crédit photo : Louise Bilodeau, Limuro

 

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Par Sophie Simonnet