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En direct de la ferme : mettre en valeur les produits d’ici

Même si on lui parle pour la première fois, on saisit immédiatement  toute la passion qui anime le fondateur d’En direct de la ferme, Bertrand Noël. Pour lui, la coopérative n’est pas qu’un projet accompli par et pour la communauté : c’est une victoire collective qu’il compte bien léguer à la prochaine génération.

Depuis huit ans, En direct de la ferme offre la possibilité à ses membres de faire une épicerie complète en ligne composée exclusivement de produits québécois. Et ce, de la façon la plus éthique possible, dans une perspective d’autonomie financière. « Quand les gens achètent des produits d’ici, ils font vivre des familles et des entreprises d’ici, qui paient des impôts ici : ce sont des écoles, des routes et des hôpitaux qui peuvent ensuite être construits. On améliore notre environnement sociétal en achetant plus de produits locaux » explique Bertrand Noël en abordant la philosophie qui a menée à la création de la coopérative. Et selon lui, la meilleure façon d’encourager l’achat de produits locaux, c’est de simplifier la vie des consommateurs.   

C’est pourquoi En direct de la ferme propose chaque semaine des paniers composés d’aliments que l’on achète lorsque l’on fait une épicerie de base : viandes, poissons, fruits, légumes, pain, oeufs, produits laitiers… tous fournis par des producteurs québécois. En plus des paniers complets, il est possible pour les membres-consommateurs de choisir leurs produits un à un et de créer un panier personnalisé, qui sera livré à leur porte. « On s’est dit que c’était plus écologique d’avoir un véhicule qui livre 15 à 17 paniers que d’avoir 17 familles qui vont faire leurs courses en voiture », précise Bertrand Noël 

Préparation des paniers clients | Crédit photo : En direct de la ferme

Chaque semaine, c’est environ 80 paniers de produits québécois qui sont ainsi livrés par des membres-travailleurs. Aucun abonnement requis. « Les gens peuvent devenir membres pour 10$ et prendre un panier quand ils le veulent. Ça donne beaucoup de liberté, c’est vraiment sur demande. Et comme on connaît nos clients, on arrive à personnaliser l’expérience. » Cette façon de faire permet aussi d’éviter le gaspillage, puisque la coopérative ne commande aux fournisseurs que ce que les clients ont acheté.   

Un modèle sûr pour tous 

Pourquoi avoir opté pour une coopérative? Selon M. Bertrand, le modèle permet d’éviter les dérives et d’offrir un meilleur rapport qualité-prix sur les produits. C’est d’ailleurs pour cette raison que les producteurs ne sont pas membres : « On s’est dit qu’il y avait un danger. On ne voulait pas qu’un fournisseur finisse par avoir un monopole parce qu’il est membre. On veut pouvoir faire affaires avec différents fournisseurs pour un même produit, histoire de faire travailler plus de gens et d’offrir de la diversité. On ne voulait pas uniquement des membres-consommateurs non plus, on craignait qu’ils ne veuillent le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière, ajoute M. Noël en riant, alors c’est devenu une coopérative de travailleurs. » Le conseil d’administration est donc composé de membres-consommateurs et de membres-travailleurs, ce qui permet d’avoir une vision d’ensemble des besoins et de tracer les grandes orientations de la coopérative.  

Crédit photo : En direct de la ferme

Ambitieuse, mais prudente 

Celle-ci souhaite notamment étendre ses activités et distribuer plus de paniers, mais M. Noël nuance : la petite équipe aimerait prendre de l’expansion, mais de façon prudente. Les membres ne veulent pas reproduire les erreurs de certaines entreprises plus connues, qui imposent leurs prix aux producteurs, plaçant ces derniers dans une situation financière précaire.   

En direct de la ferme préconise plutôt l’écoute et la collaboration avec ses fournisseurs, pour que tout le monde y trouve son compte. « Ça, la coopérative le permet. Je ne dis pas qu’une entreprise privée ne peut être à échelle humaine, mais j’ai un agacement par rapport à l’opportunisme qu’on observe parfois autour du vert et du local. Il faut faire attention à la récupération. Certaines entreprises vont chercher des millions en subvention, mais ne sont pas équitables. » Bertrand Noël voit plutôt la coopérative comme un outil de développement qu’il pourra un jour laisser entre les mains de membres plus jeunes qu’il forme déjà, et qui viendront y insuffler dynamisme et nouvelles idées.   

L’équipe derrière En direct de la ferme | Crédit photo : En direct de la ferme

De nouvelles débouchées 

Il n’est pas toujours facile pour la coopérative montréalaise de découvrir de nouveaux producteurs en région. Les contacts se font souvent par références ou suite à une recherche sur internet, selon les besoins rencontrés. Parfois, les producteurs communiquent directement avec l’équipe, ce que M. Noël encourage. « Le problème des producteurs en région, c’est qu’ils vont être capables de produire certaines quantités, mais pas en volume suffisant pour fournir les grandes surfaces. Pour écouler leurs produits, ils font les marchés, ou vendent directement aux consommateurs, mais ils aimeraient bien avoir d’autres débouchées. » La coopérative offre une plus grande flexibilité à ses fournisseurs, puisqu’elle prend le temps d’évaluer avec eux les quantités requises lorsqu’elle conçoit les prochains paniers, et achète ce que le producteur est capable de fournir.   

« Dans un système capitaliste, la réussite personnelle est très valorisée. Mais comme le disait un ami, une victoire collective, c‘est une double victoire : on est satisfait personnellement, et on peut partager sa joie avec d’autres. », conclut Bertrand Noël.  

 

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Par Roxanne Guérin